Thelema
Aleister Crowley
mise en scene de la réalité
La Boca di Inferno
Hanni Jaeger, fille sacrifiée ?
A travers la correspondance entre Fernando Pessoa et Aleister Crowley, on découvre l'affaire de la "Boca di Inferno", l'été 1930, à Lisbonne. Les deux poètes se rencontrent. Aleister Crowley est accompagné d'une jeune femme californienne de 20 ans, Hanni Jaeger, et ils se promènent avec Fernando Pessoa. Ils s’entendent bien. Fernando Pessoa écrit un poème érotique au sujet d’Hanni Jaeger "(Elle) donne la suprise d’être". Mais un soir, la nuit du 16 septembre, éclate une violente dispute entre Crowley et Hanni à l’Hôtel Paris, suite à un rituel de magie sexuelle que'Hanni a mal supporté.Le couple est alors prié de quitter les lieux. Crowley va alors louer une chambre à l'hôtel Miramar d’Estoril, mais Hanni en profite pour s’esquiver et passer du temps à Lisbonne. Pour récupérer Hanni Jaeger, Aleister va mettre en scene un faux suicide en laissant une lettre à Hanni Jaeger et son porte-cigarette dans la grotte de la Bouche de l'enfer, aux environs de Lisbonne. Il va ainsi, faire éclater un scandale dans la presse, avec la complicité de Fernando Pessoa.
On suppose qu'Hanni Jaeger se suicide l'année suivante en 1931 à Majorque.
Hanni Jaeger
Source à trouver
Elle fait la surprise d’être.
De blondeur obscure, elle est grande.
C’est bon de ne penser qu’à voir
Son corps, son corps à demi mûr.
Ses deux seins élancés paraissent
(Si elle était couchée du moins)
Deux petits monts dans le matin
Sans qu’il soit besoin d’une aurore.
Et la main à son bras si blanc
Est posée la paume étalée
Sur la hanche, cette saillance
De son relief dissimule.
Elle attire comme une barque.
Elle a un air de chair d’orange.
Mon Dieu, quand est-ce que j’embarque ?
Ô faim, quand est-ce que je mange
Fernando Pessoa,
(Elle) fait la surprise d'être, Lisbonne, 1930
http://www.agenteprovocador.es/publicaciones/el-misterio-de-la-boca-del-infierno
1930
Espace publique + détournement de la presse
Trinity College Cambridge
Decadent sociability and Material Culture
at the Fin de Siècle ‘A genius for friendship.’ Joseph Thorne
https://researchonline.ljmu.ac.uk/id/eprint/11254/1/2019thornephd.pdf
A thesis submitted in partial fulfilment of the requirements of Liverpool John Moores
University for the degree of Doctor of Philosophy
« Aleister Crowley as a Cambridge undergraduate also recognised the transformative potential of the decadent queer space. The rooms he occupied in 1898, his final year, functioned as a nexus for his emerging identities. It was at Cambridge that Crowley transformed himself from Edward Alexander Crowley to the more Celtic Aleister; it was at Cambridge that he explored his bisexual identity in a relationship with Pollitt; and it was at Cambridge that he became involved with the world of turn-of-the-century magic. He described the setup of his rooms in an unpublished short story, ‘The Sage.’ Decadence and the occult are virtually indistinguishable in his account: … the floor was covered with a carpet; rich sombre peacock blue with an uncertain snaky pattern of deep purple; but here was laid a circular Venetian mosaic. Around its edge ran a band of white marble stones, with what was apparently an inscription. The characters were those of an unfamiliar language; they were inlaid in vivid red. Within this band the circle was yellow of a tint suggesting jaundice; the repellent effect was emphasized by the devices, crabbed and crooked, wrought in it of some sickly green
eloquent of all unwholesomeness from mal-de-mer and arsenic to carrion in corruption, and even by the formidably severe lines of the great black star of six points ...’87
In his autohagiography The Confessions of Aleister Crowley (1929), Crowley claims to have understood the appeal of decadent refinement while never allowing himself ‘to fall under its dominion.’88 The ‘peacock blue’ carpet, the mystic symbol etched onto the floor and the cosmopolitan overtones of the ‘Venetian mosaic,’ however, are figured in unmistakably decadent terms—a description worthy of A Rebours. Crowley’s design scheme articulates his
sense of self, both his sexual and occult identities. It rejects the normative strictures of the polite world of the Victorian drawing room; it rejects any version of domesticity in favour of an overtly decadent assault on the senses.
The ‘Sisters of the Vale’ and Crowley used the contents of their private living spaces to codify a semi-public identity. Sexual otherness could not be openly expressed, but interior
decoration allowed society’s outsiders to display their identities and speak to those in the know. The rooms decadents inhabited became a dynamic means of self-creation; the contents rendered materialist commodities into mechanisms of decadent identity. Their spaces were ciphers for marginalised identities and loci for counterculture socialising. Engaged acts of design allowed such locations to become sympathetic to the outré artistic, political and sexual philosophies espoused by the thinkers and friends who made up fin-de-siècle social networks. »
Hétérotopies
« Idée de Contre-lieu, de contre espaces de Foucaut : « ces utopies localisées, les enfants les connaissant parfaitement, bien sûr, c’est la cabane au fond du jardin, c’est le grenier, la tente d’indien dans le grenier, ou encore, c’est le jeudi après-midi, le grand lit des parents, et bien, c’est sur ce grand lit qu’on découvre l’océan, puisqu’on peut y nager entre les couvertures. Et puis, ce grand lit, c’est aussi le ciel, puisqu’on peut bondir sur les ressorts, c’est la forêt puisqu’on s’y cache, c’est la nuit, puisqu’on y devient fantôme entre les draps, c’est le plaisir. »
Des espaces autres, Michel Foucault, 1966, podcast
Hanni Larissa Jaeger est l’une des muses d’Aleister Crowley. Comme toutes les femmes qu’il rencontrait, il la surnommait Scarlet Woman. On dispose de peu d’informations au sujet d’Hanni Jaeger. jeune peintre vivant à Berlin et originaire de Californie (Etats-Unis), éprise d’Aleister Crowley. Vers l’âge de 19 ans, elle eu une aventure avec lui aux alentours de 1930, période pendant laquelle, Aleister Crowley rencontra et fréquenta l’écrivain Fernando Pessoa au Portugal (Les secrets de la bouche de l’enfer, correspondance avec Fernando Pessoa, dir.Emmanuel Thibault, L’oeil du sphinx, Paris, 2015) . La légende veut que trois ans plus tard, elle se suicide mystérieusement à Palma sur l’île de Majorque (Les Baléares). J’ai trouvé cette image sur internet et il m’ est pour le moment impossible de définir la source exacte de l’image. La trajectoire de cette femme semble être tombée dans l’oubli.
Muses
https://youtu.be/0TigtxEN-WY?si=BLj3oK46eF5pF80a
Jonathan Koesner
Cefalù,Sicile
L’esthétique relationnelle de Nicolas Bourriaud
Voir dans une bibliothèque « Documents sur l’art »
« l’art comme état de rencontre » mise en valeur de l’esthétique relationnelle, il met l’accent, la focale sur cette dimension là.
empreinte
Bien que Crowley ne fût pas précisément un sataniste, étant ouvertement athée, son but était de supplanter le christianisme. Il était mû par une profonde rage envers la religion chrétienne, probablement à cause de la doctrine rigide imposée par son père. En interrogeant l’oracle chinois I Ching, il décide alors de fonder l’Abbaye de Thélema à Cefalù.
En avril 1920, l’homme arrive en Sicile avec ses concubines Leah Faesi et Ninette Fraux (appelée Sœur Cypris) et les deux petits enfants de Leah. Les nouveaux venus suscitent la curiosité et la suspicion parmi les habitants du lieu, à cause de leur façon décidément particulière de se vêtir et de faire.
Crowley et ses adeptes s’installent à Santa Barbara, dans une ferme isolée rebaptisée Abbaye de Thélema. Ce bâtiment typiquement campagnard existe toujours, accessible par un chemin qui part du cimetière du village. L’abbaye est passablement délabrée, malgré quelques tentatives de rénovation. Pour cette raison, aujourd’hui, il n’est plus possible de voir les nombreuses décorations, dont seule la preuve photographique demeure.
Sur les portes, les murs et les planchers de l’abbaye il y avait des scènes de nu et de pornographie, peintes par Crowley lui-même. Son but était d’habituer les visiteurs à la vision de telles scènes, au point de les rendre indifférents face aux pulsions sexuelles.
Dans une grande pièce au rez-de-chaussée, il y avait deux trônes destinés à l’occultiste et à sa première concubine. Le mage et ses disciples se rencontraient cinq fois par jour, non seulement pour prier, mais aussi pour faire se livrer à des sacrifices d’animaux et des rites orgiaques, parfois sous l’influence de drogues.
Crowley aimait beaucoup Cefalù, au point de vouloir être enterré sur la Rocca, près du Temple de Diane. Mais le penseur britannique ne put rester longtemps en Sicile.
Les mystérieuses pratiques menées quotidiennement et la présence d’enfants dans la maison ont alarmé le peuple et l’évêque de Cefalù. À cette époque, l’Italie était gouvernée par le régime fasciste et, le 13 avril 1923, Crowley fut expulsé par une ordonnance ministérielle, en raison des rites basés sur l’obscénité et la perversion, mais aussi du fait de la cohabitation avec plusieurs femmes en dehors des liens du mariage. Crowley se réfugia à Tunis menant une propagande antifasciste au travers de l’écriture de poèmes satiriques à propos de Mussolini, ceux-ci directement responsables de son expulsion.
https://cefalu.it/fr/magazine-fr/esoterisme-a-cefalu-aleister-crowley-et-labbaye-de-thelema/
https://www.moma.org/collection/works/128461
photographie contemporaine